Ou faites-le résumer par
Vous ouvrez dans trois heures. Votre jauge, vous savez exactement où elle est écrite et ce qu'elle couvre ? Ce guide suit le fil d'une vraie soirée, de 18h jusqu'au moment où le compteur se stabilise, avec les trois points que la plupart des gérants vérifient trop tard.
La jauge de votre établissement n'est pas un chiffre que vous fixez vous-même, ni une règle générale que vous trouvez en ligne : elle figure dans l'arrêté municipal d'ouverture, délivré après passage de la commission de sécurité. Un email de la mairie ne suffit pas. Un chiffre griffonné par l'ancien gérant non plus. Ce document officiel, et rien d'autre, fait foi le soir J.
Cherchez-le dans le dossier administratif de votre établissement : il vous a été remis lors de l'ouverture ou lors du dernier renouvellement d'autorisation. Si vous ne le retrouvez pas, le service urbanisme ou le service de sécurité de votre mairie peut vous en fournir une copie. Ne vous basez pas sur le chiffre qu'un prédécesseur vous a communiqué oralement. Les travaux, un réaménagement ou un simple changement de classement peuvent avoir modifié le plafond depuis, et personne ne vous enverra un courrier pour vous le signaler.
L'arrêté du 25 juin 1980 (Légifrance, articles P 1 à P 24) classe discothèques, dancings et salles de danse en établissements recevant du public de type P. Pour ce type, l'article P 2 fixe la règle de calcul : 4 personnes pour 3 m² de surface utile de piste de danse, déduction faite des estrades et aménagements fixes. Une piste de 150 m² donne donc une jauge de 200 personnes sur cette zone. La zone bar ou restauration attenante s'additionne selon ses propres règles, et c'est la commission de sécurité qui arrête le total.
Ce chiffre est gravé dans votre arrêté, et l'ambiance dans la salle ne change rien à l'affaire. Vous ne pouvez pas décider que ça « respire » et pousser à 220.
Un bar classique est classé type N, débit de boissons. Mais dès qu'il dégage une piste et attire du public principalement pour danser, il bascule juridiquement en type P, selon la synthèse publiée en mai 2025 par le cabinet Lacour, avocat spécialisé. Les obligations deviennent bien plus lourdes : service interne de sécurité avec agents détenant la carte professionnelle, autorisation préfectorale obligatoire au titre de la loi 83-629, article 11 (Légifrance). Deux contraintes que vous ne pouvez pas improviser le soir même à 22h.
Le problème, c'est que ce basculement peut arriver sans que le gérant en ait été formellement notifié : vous organisez des soirées dansantes régulières depuis six mois dans un espace déclaré bar, et vous n'avez encore jamais reçu de courrier vous expliquant que votre classement a changé. Vérifiez votre classement actuel auprès de la commission de sécurité de votre mairie. Un courrier suffit pour poser la question. Un contrôle surprise, lui, coûte bien plus qu'un timbre.
Vous êtes bar-restaurant, vous montez un concert ou une soirée dansante ponctuelle. L'article GN 6 du règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980, Légifrance) exige une demande d'autorisation préalable au maire, au moins 2 mois avant la date. La préfecture de Vienne précise cette obligation dans son mémo sécurité musique amplifiée de février 2024.
Dans tous les cas, la jauge du public reste plafonnée à l'effectif ERP d'origine. L'événement exceptionnel ne vous donne pas le droit de faire entrer plus de monde que votre autorisation habituelle.
Le flux est simple à décrire, mais il faut le fixer par écrit avant le soir J. À l'arrivée du client : scan du billet pour valider le titre d'accès, puis scan d'entrée pour incrémenter le compteur. Deux gestes distincts, deux rôles si vous avez l'équipe pour ça, et chaque agent sait exactement quel appareil il tient et dans quel sens physique il se positionne selon que vous avez une file unique ou deux files parallèles. Cinq minutes l'après-midi. À 22h45 avec une file qui s'allonge et un agent qui ne sait pas quoi scanner, ça vous coûte bien plus.
Si vous avez deux entrées, deux scanners connectés sur le même compte alimentent un compteur unique : le total s'affiche en temps réel sur chaque écran, sans addition manuelle et sans risque de doublon.
Sans scan de sortie, le compteur ne descend jamais : à minuit, votre établissement affiche 200 personnes présentes même si 80 d'entre elles sont reparties depuis 23h. Vous refusez du monde alors que vous avez de la place. Ou vous laissez entrer des gens en vous disant que le compteur va baisser tout seul. Il ne baisse pas, jamais, pas sans un scan de sortie actif.
Un système de double scan, entrée et sortie, vous donne le nombre exact de personnes physiquement dans la salle à l'instant T. Votre base client sur Event Tap intègre ce double scan : chaque sortie enregistrée fait redescendre le compteur immédiatement, sur tous les appareils connectés. C'est le seul chiffre sur lequel vous pouvez prendre une décision fiable.
En club, le réseau mobile est souvent saturé ou inexistant : cage de Faraday, sous-sol bétonné, 400 personnes avec leurs téléphones allumés en même temps. Votre application de scan doit fonctionner hors-ligne et synchroniser automatiquement dès que le signal revient, ce qui veut dire que vous testez ce point l'après-midi, dans la salle vide, pas au moment où la file fait 50 mètres et que votre agent vous appelle parce que l'écran ne répond plus.
Comparez votre configuration avant chaque soirée avec celle du tableau ci-dessous.
| Point à vérifier | Configuration idéale | Risque si non fait |
|---|---|---|
| Jauge dans l'arrêté | Chiffre lu sur le document officiel | Estimation fausse, surcharge non détectée |
| Double scan in/out actif | Activé sur tous les appareils | Compteur bloqué à la hausse |
| Mode hors-ligne activé | Testé en sous-sol avant ouverture | Scan impossible, file manuelle |
| Plusieurs scanners sur un compte | Compteur partagé et synchronisé | Doublons, sous-comptage |
| Rôles d'équipe fixés par écrit | Agent entrée, agent sortie, responsable compteur | Confusion au pic de fréquentation |

Selon QRCodeChimp, éditeur de solutions QR code, la validation par QR ramènerait le temps de check-in à environ 7 secondes contre 45 secondes en saisie manuelle. C'est une source commerciale, pas une institution, et ce chiffre n'est pas audité. L'ordre de grandeur reste utile pour calibrer le nombre de points de contrôle, mais ne le citez pas comme chiffre officiel dans un dossier de sécurité.
Sur cette base, un seul point de contrôle peut traiter environ 500 personnes par heure. Si votre jauge est à 300 et que vous attendez une majorité d'arrivées entre 23h et minuit, deux scanners en parallèle suffisent dans la plupart des configurations.
Décidez avant d'ouvrir à quel seuil vous arrêtez les entrées, 90 % de la jauge par exemple, et qui prend la décision. Ce n'est pas le videur qui choisit à l'instinct : c'est le responsable désigné, celui qui a l'œil sur le compteur en temps réel et qui agit sur un chiffre, pas sur une impression de densité dans la salle.
Informez la file clairement : « On est complets pour l'instant, on rouvre dès qu'il y a de la place. » Pas d'estimation de temps si vous n'avez pas de données de sortie : annoncer « vingt minutes » sans compteur de sorties actif, c'est promettre un chiffre que vous n'avez pas. Une file informée attend. Une file ignorée se plaint, puis part.
Pour les soirées où vous anticipez une forte demande, la billetterie prévente avec jauge intégrée règle une partie du problème en amont. Vendre des billets sans générer de no-shows change aussi la façon dont vous lisez votre compteur en début de soirée : vous savez combien de personnes sont attendues, pas seulement combien sont déjà là.
Dès qu'un scan de sortie est enregistré, le compteur descend d'une unité, et c'est ce signal qui déclenche l'entrée suivante. Pas votre lecture de l'ambiance dans la salle. Pas votre estimation du nombre de manteaux au vestiaire. Sans scan de sortie, vous prenez cette décision à l'aveugle, et vous vous trompez dans les deux sens : trop prudent, vous laissez une file poireauter inutilement pour rien, et trop laxiste, vous dépassez votre jauge sans même le savoir. Les soirées privées posent exactement le même problème, avec en plus la pression d'un client groupe qui attend des réponses fermes.
| Scénario | Avec double scan | Sans scan de sortie |
|---|---|---|
| 50 personnes repartent entre 23h et minuit | Compteur descend, file avance | Compteur bloqué, entrées refusées à tort |
| Salle se vide progressivement après 1h | Réouverture immédiate dès chaque sortie | Décision basée sur impression visuelle |
| Deux entrées simultanées | Compteur unique sur tous les appareils | Risque de sous-comptage ou doublon |
| Réseau coupé 20 minutes | Synchronisation différée à la reconnexion | Scan impossible, retour au papier |
Dépasser la jauge de votre ERP n'est pas une infraction administrative abstraite. L'article L. 3332-15 du Code de la santé publique donne au préfet le pouvoir de prononcer la fermeture administrative de votre établissement, sur-le-champ si nécessaire, et si un accident survient dans ces conditions, l'article 121-3 du Code pénal sur la mise en danger délibérée engage directement la responsabilité pénale de l'exploitant. Pas celle de la société. Pas celle de vos salariés. Vous, personnellement.
La préfecture de Loire-Atlantique rappelle ces obligations dans sa fiche dédiée aux discothèques : service de sécurité, respect de l'effectif, issues de secours conformes. Ces trois points se vérifient lors de chaque contrôle.
La question n'est pas de savoir si un contrôle aura lieu ce soir : c'est de savoir ce qui se passe si la soirée tourne mal et que vous ne pouvez pas prouver que vous avez respecté votre jauge.
La soirée inaugurale pose exactement les mêmes questions sur la gestion de l'entrée, avec en plus la pression du premier soir et zéro historique pour calibrer vos prévisions. Prévoir le protocole à l'avance, c'est la seule façon de ne pas l'improviser sous pression.
Consultez votre arrêté municipal d'ouverture : il précise le type ERP de votre établissement. Si ce document ne mentionne pas le type P (salles de danse, discothèques), contactez la commission de sécurité de votre mairie pour vérification. Un bar qui organise des soirées dansantes régulières peut avoir basculé en type P sans que le gérant en ait été formellement notifié, ce qui entraîne des obligations bien plus lourdes : service de sécurité avec carte professionnelle et autorisation préfectorale.
Oui, à condition que l'application fonctionne en mode hors-ligne et synchronise automatiquement dès que le signal revient. En club ou en sous-sol, le réseau mobile est souvent saturé ou inexistant : ce point est à tester avant d'ouvrir, pas en pleine file d'attente. Si votre application ne gère pas le hors-ligne, vous n'avez plus de scan du tout au moment où vous en avez le plus besoin.
Dès qu'un scan de sortie est enregistré et que le compteur redescend d'une unité. C'est ce signal qui déclenche l'entrée suivante, pas une estimation visuelle de la densité dans la salle. Sans scan de sortie, vous n'avez aucune information fiable pour prendre cette décision : le compteur reste bloqué même si une partie du public est déjà repartie.